Visuel de l'exposition « Un homme sans histoires », de Marwan Moujaes
Visuel de l'exposition « Un homme sans histoires », de Marwan Moujaes

Marwan Moujaes, 42,3°, tirage radiographique, 2020

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« Un homme sans histoires », Marwan Moujaes
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Crédits : Marc Domage

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« Un homme sans histoires », Marwan Moujaes
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Crédits : Marc Domage

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Visuel de l'exposition « Un homme sans histoires », de Marwan Moujaes
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Marwan Moujaes, 42,3°, tirage radiographique, 2020

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« Un homme sans histoires », Marwan Moujaes
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Crédits : Marc Domage

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« Un homme sans histoires », Marwan Moujaes
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Crédits : Marc Domage

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« Un homme sans histoires », Marwan Moujaes
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Crédits : Marc Domage

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« Un homme sans histoires », Marwan Moujaes
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Crédits : Marc Domage

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UN HOMME

SANS HISTOIRES

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MARWAN MOUJAES

Commissariat : Julie Faitot, curatrice associée 2022-2023

Exposition

au SHED - site de l'Académie

96, rue des Martyrs de la Résistance à Maromme

Du 27 novembre 2022 au 15 janvier 2023

Entrée libre tous les jours de 14h à 18h et sur demande

 

 

 

42,3° est l’angle moyen d’inclinaison de la tête d’un être soumis à une humiliation publique. Cette donnée statistique, établie par Marwan Moujaes à partir de vues collectées dans les médias (Internet, journaux, télévision, œuvres d’art, …), l’artiste choisit de l’interpréter dans un autoportrait radiographié (42,3°, 2020, tirage radiographique, 55 x 43 cm).

C’est de ce point de vue plongeant, dépossédé de son horizon, qu’il peint depuis 2020 de grands paysages presque monochromes où des figures d’animaux domestiques composent des saynètes « hyper-surréalistes » : veaux, vaches, moutons, chevaux ou volailles sont parfaitement représentés, de même que les éléments du décor (arbres, branches, mobilier, rideau, surfaces miroitantes, …) ; l’orientation de la lumière portée sur le sujet l’ancre dans le tableau ; le choix de peindre à l’huile confère une forme de dignité anachronique à ces scènes, anecdotiques si elles n’étaient pas tellement bizarres. Car, ça n’a manifestement pas de sens : on a jamais vu des animaux se comporter ainsi. D’une façon – disons, gratuite.

Quand on l’interroge, Marwan lui-même ne s’explique pas vraiment ces images qui l’ont saisi et qu’il peint : avec lui, on parle d’histoires pour enfants (Les Trois petits cochons, Les Musiciens de Brême) ou de fables – détour usuel d’une critique politique ou sociale autrement inacceptable. Mais il serait faux de voir dans ces tableaux de simples métaphores de situations humaines : Marwan aime les animaux et s’intéresse sincèrement à leur point de vue. Je me souviens que, lors de notre première rencontre (…), il me raconte comment les animaux ont inventé le paysage, se rendant sur un sommet caillouteux aux seules fins (il ne pouvait y en avoir d’autres) de contempler l’horizon.

D’ailleurs, la figure animale habitant le paysage est récurrente dans son travail : dans Comptez les moutons (2018, vidéo, boucle) un troupeau pait au bord des eaux bleu turquoise de la Litani ; la montagne qui surplombe la rivière vibre dans la chaleur tandis qu’une berceuse égrène ses notes cristallines. Comme les insomnies, la petite musique devient agaçante, doucereuse virant à l’aigre. Ainsi de ce paysage biblique du Sud-Liban dont la « frontière » est si tragiquement disputée depuis plus de 40 ans : innocents c’est-à-dire incapables de faire le mal dont ils n’ont pas connaissance ni conscience, les moutons transgressent la "Blue Line".

Julie Faitot

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