CONCORDE

Du 14 septembre au 17 novembre 2019​

Simon Boudvin

Exposition au SHED

Concorde. Pour notre génération, c’est le nom de l’avion de ligne supersonique. Avec son aile delta gothique et ses turboréacteurs, il pointait vers l’avenir et comptait parmi ces figures héroïques qui annonçaient des temps nouveaux. Pour les Parisiens, c’est la place de l’obélisque, monument autrefois offert pour son insignifiance politique et pour l’agressivité de sa forme. A priori, le terme de concorde cherche à apaiser les esprits, à conjuguer les cœurs en harmonie, les goûts dans une disposition commune. Il annonce un projet destiné à fédérer artificiellement les esprits et cache désaccords et ambiguïtés. 

 

Concorde, c’est aussi le titre que retient Simon Boudvin pour son exposition au SHED. Il y partage un sentiment ambivalent pour un style, une époque, celle dont nous peinons à sortir. C’était bientôt l’an 2000 / c’est déjà l’an 2000 / c’est toujours l’an 2000. Il échafaude une galerie de grandes photographies, une collection des prouesses de l’architecture normande. Des technopôles, des IUT, des CHU, des ZA, des centres commerciaux, des lycées pro, qui cherchent tous à témoigner de l’innovation. Formes du futur, ces constructions sont faites de mâts, de casquettes, de poutrelles hypertrophiées, de bacs acier, de volutes en tôle, et sont autant de fioritures high-tech gris métallisé, modénatures façon Brancusi capotées d’alu, expressions libres de la technologie, chichis d’ingénieurs, maîtrises viriles, fanfaronnades obliques. Elles font sourire, elles effraient, elles touchent. On se prend à les blâmer et les aimer. Au dehors de la galerie qui réunit ces morceaux de bravoure, des éléments en aluminium citent leur vocabulaire. Ils s’installent dans la charpente rouillée du SHED, imbriquant une structure du spectacle dans celle – maintenant antique – de l’usine. À disposition ça et là, des journaux compilent des textes, descriptions d’architectures ostentatoires, signés par des ami.e.s, artistes, photographes, architectes, critiques.

Né en 1979, Simon Boudvin a étudié aux Beaux-arts de Paris dans l'atelier de Giuseppe Penone et à l'école d'architecture de Paris-Malaquais. Il enseigne depuis 2007 dans différentes écoles d'architecture et actuellement à l’école nationale de paysage. Son travail émerge à la croisée de ces différents champs, attentif aux mutations des territoires qu’il parcourt. Il procède tantôt à leur relevé détaillé, tantôt à leur reconstitution, à l'exercice de leur description, à leur photographie. Ils font la matière de ses livres (Tyndo de Thouars, éditions P, 2015 ; Col de l’échelle, éditions P, 2018 ; Un nouveau Musée, co-édition MER/Accattone, 2019 ; Ailanthus Altissima, éditions B42, 2020). Ses travaux ont été présentés dans différents centres d'art français (La Salle de bain, Lyon, 2010 ; Les Églises, Chelles, 2011 ; CREDAC, Ivry, 2012 ; CRAC Alsace, 2016 ; MRAC, Sérignan, 2016, Les Capucins, Embrun, 2018) ; ou ailleurs (Form Content, Londres, 2008 ; Project Art Center, Dublin, 2015 ; Extra City, Antwerp, 2016 ; Kunstraum, Düsseldorf, 2016 ; Fondation Eugenio Almeida, Evora, 2017 ; MAC, Montréal, 2017). 

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